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Des voix locales à l'action mondiale : ce que les acteurs de l'ODD 16+ veulent vous faire entendre

La semaine dernière, l’événement parallèle officiel « Les voix de l’ODD 16+ 2026 » a présenté les expériences et les recommandations d’acteurs locaux de la consolidation de la paix, de défenseurs des droits et de représentants locaux au Forum politique de haut niveau des Nations unies (HLPF), mettant en avant la manière dont les communautés du monde entier œuvrent en faveur de la paix, de la justice et de sociétés inclusives. Co-organisé par la Plateforme de la société civile pour la consolidation de la paix et de l’État (CSPPS), Accountability Lab, l’Alliance for Peacebuilding, le Life & Peace Institute, Namati, Pathfinders for Peaceful, Just and Inclusive Societies, Peace Direct et le réseau « Transparence, responsabilité et participation pour l’Agenda 2030 (TAP), cet événement a mis en lumière la manière dont les acteurs locaux font évoluer, développent et font prospérer des solutions face à des défis mondiaux croissants.

Les messages clés transmis par les cinq finalistes du concours « Les voix de l’ODD 16+ 2026 » étaient clairs : pour réaliser des progrès significatifs en matière d’ODD 16+, il faut être à l’écoute des communautés, investir dans des solutions menées au niveau local, apporter un soutien prévisible et durable, et ouvrir la voie à une participation réelle et significative. Leurs témoignages ont mis en évidence l’importance d’une représentation inclusive, du leadership des jeunes, d’un accès à la justice, de solutions menées au niveau local et d’un soutien durable à la société civile. Ils ont rappelé aux décideurs mondiaux que la paix n’est pas seulement le résultat du développement, mais le fondement même des progrès à réaliser dans le cadre de l’Agenda 2030.

En 2026, le thème de la campagne, « Évoluer, se développer et s'épanouir en période de crise : les voix locales transforment l'ODD 16+ », met en lumière la manière dont les organisations locales de la société civile s'adaptent à un contexte mondial de plus en plus difficile, marqué par un rétrécissement de l'espace civique, une réduction de l'aide internationale au développement, une hausse des dépenses militaires et une multiplication des conflits. En mettant en avant la résilience, l’innovation et les solutions portées par les acteurs locaux, la campagne montre pourquoi il est essentiel d’investir dans la consolidation de la paix au niveau local pour parvenir à des sociétés pacifiques, justes et inclusives partout dans le monde.

Que doivent retenir les États membres et les autres parties prenantes à l'approche de la deuxième semaine du Forum politique de haut niveau (HLPF) ?

À travers quatre pays, cinq témoignages et trois langues, les messages convergeaient :

  • La représentation est essentielle. Les institutions ne peuvent être véritablement inclusives lorsque les personnes qu’elles représentent sont absentes des postes de pouvoir — et lorsque les réseaux informels continuent de reproduire l’exclusion malgré les engagements formels en faveur de l’égalité.
  • La paix doit être considérée comme une condition préalable au développement durable. Les progrès en matière d’éducation, d’égalité des genres, de travail décent et d’institutions fortes ne peuvent perdurer là où la violence et l’exclusion structurelle persistent.
  • Les jeunes doivent être reconnus comme des partenaires et des décideurs. Non pas comme de futurs dirigeants, ni comme des bénéficiaires passifs, mais comme des dirigeants d’aujourd’hui.
  • La justice doit atteindre les communautés. Les droits juridiques sont sans grande signification si les personnes ne peuvent pas les comprendre, y accéder ou disposer de l’espace nécessaire pour les exercer.
  • Les politiques doivent aller au-delà du cadre théorique. Les décisions prises à New York et dans d’autres forums mondiaux doivent se traduire par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des personnes.
  • Les connaissances locales constituent une expertise. Les communautés n’ont pas besoin de solutions imposées d’en haut ; elles ont besoin de gouvernements et de partenaires prêts à écouter, à co-créer et à fournir les ressources et les opportunités qui permettent aux solutions menées localement de se développer.
  • La participation doit s’accompagner de pouvoir et de ressources. Inviter la société civile à la table des négociations ne suffit pas si les acteurs locaux ne peuvent pas participer à l’élaboration des décisions, accéder à un financement durable ou poursuivre leur travail en toute sécurité.
  • Les bailleurs de fonds doivent investir dans la confiance, et pas seulement dans les projets. Des premières subventions modestes et flexibles peuvent transformer les organisations. Un financement diversifié peut assurer leur durabilité. La recherche peut transformer les expériences vécues en changements politiques. La coopération technique et l’accès aux réseaux peuvent ouvrir des portes que les fonds financiers seuls ne peuvent pas atteindre.
  • Et, surtout, le soutien ne doit pas dépendre de l’auteur de l’idée. Les bailleurs de fonds doivent être prêts à soutenir un travail de qualité même s’ils ne l’ont pas créé eux-mêmes.

Ces recommandations proviennent de personnes qui, aujourd’hui déjà, transforment les institutions, tissent des réseaux communautaires, favorisent l’accès à la justice, ouvrent la voie à la paix et veillent à ce que les personnes les plus souvent exclues puissent se faire entendre.

Les finalistes de l’édition 2026 du programme Les voix de l’ODD 16+ nous ont rappelé que le travail de construction de sociétés pacifiques, justes et inclusives est déjà en cours : grâce à des femmes qui jouent le rôle de médiatrices dans les conflits locaux, à des jeunes qui mènent des actions civiques, à des communautés qui font progresser la justice environnementale, à des organisations locales qui élargissent l’accès à la justice, et à des dirigeants locaux qui renforcent la cohésion sociale dans des contextes de crise. Nous vous invitons à découvrir leurs histoires et à faire entendre leurs voix ici !

Alors que le Forum politique de haut niveau (FPHN) se poursuit cette semaine à New York, les États membres et les autres parties prenantes concernées ont l’occasion de faire en sorte que ces recommandations et ces voix dépassent le cadre de l’élaboration des politiques mondiales ; en tant que partenaires dont les connaissances, le courage et le leadership sont essentiels pour réaliser l’Agenda 2030.

Car ce sont souvent les personnes les plus proches des défis d’aujourd’hui qui construisent déjà les solutions de demain.

La question est de savoir si le monde est prêt à écouter – et à agir.

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